(AFP - 13/06/07)
Le ministre de l'Environnement et sa collègue de l'Agriculture ne semblent pas tout à fait sur la même longueur d'onde sur le sujet de l'autorisation de traces d'OGM dans les produits bio.
Après un âpre débat, la Commission européenne a accepté que les produits bio européens puissent contenir jusqu'à 0,9% d'OGM. Interrogé à sa sortie du Conseil des ministres, Alain Juppé a affirmé que cette décision «lui posait problème». Il estime toutefois qu'elle a été prise parce qu'« en-dessous de 0,9%, on ne sait pas détecter les produits OGM ». Il a ajouté qu'il allait en parler avec Christine Lagarde qui a donné son accord à cette décision. La ministre de l'Agriculture a estimé qu'il s'agissait de « l'application de la règlementation en cours sur les questions de présence et de calcul des OGM, avec le principe réitéré de l'interdiction des OGM dans les produits de l'agriculture biologique ».
Cette tolérance sur la présence de traces d'OGM dans le bio a suscité l'indignation de plusieurs associations écologistes qui craignent une perte de confiance des consommateurs pour les produits biologiques et appellent à des mesures contre la contamination. Cet accord « ignore les préférences des consommateurs, qui sont prêts à payer pour avoir de la nourriture de haute qualité, sans OGM, et il met en danger le secteur de l'agriculture biologique », estime Greenpeace. Plutôt que d'accepter une tolérance, « l'UE doit mettre en place une législation pour protéger les agriculteurs de la pollution par les OGM », réclament l'association Les Amis de la Terre et le Bureau européen pour l'Environnement. | |